RESPECT, DIGNITE ET MORALITE     L’homme est naturellement porté à croire qu’il est au centre de toutes choses, et qu’à lui seul reviennent dignité et protection ; le fait de se mettre à parler de dignité de la créature apporte un correctif à la démesure et à l’arbitraire qu’il manifeste à l’égard du reste de la création. L’homme est appelé à manifester du respect et de la retenue par rapport à la nature, dans son propre intérêt à une utilisation durable de la nature, comme dans l’intérêt de la valeur intrinsèque attribuées aux autres êtres vivants. Les êtres vivants doivent être respectés et ménagés au non de leur valeur intrinsèque. L’être humain ne reconnaît de valeur morale qu’à l’être humain. Le statut moral de l’animal dépend donc de la valeur que l’homme, dans son propre intérêt, attribue à l’animal. La prise en compte morale du bien-être concerne tous les animaux dotés de sensibilité. Cette catégorie d’animaux se voit donc attribuer elle aussi une valeur morale. Tous les êtres vivants bénéficient d’un statut moral. Le respect moral et la protection qui en découle ne s’étendent pas seulement à tous les êtres vivants, mais aussi aux espèces, aux biotopes, à la nature vivante tout entière, au sens de l’argument d’Albert SCHWEIZER : « Il faut respecter tout ce qui vit ». C’est non seulement à la nature vivante, mais à tout ce qui existe, qu’il convient d’attribuer une valeur morale.     Extrait de « la dignité de l’animal » Edité et rédigé en février 2001 par la CENH (Commission fédérale d’éthique pour le génie génétique dans le domaine non humain) et CFEA Commission fédérale pour les expériences sur animaux).