Nicolas et Dakar au 12ème championnat du monde des chiens de sauvetage

 

« Une grande victoire commence toujours par une série de petites victoires mais aussi d’échecs qui ne nous ont pas découragés. »

 

Nous avons les larmes aux yeux… c’est la concrétisation de tant de travail…

 

C’est après 6 mois d’entraînement, quelques milliers de kilomètres et beaucoup de plaisir que nous avons rejoint pour la 3ème année consécutive le championnat du monde des chiens de sauvetage, à Landquart près de Coire.

 

Pourtant rien ne prédisait que nous parviendrions à ce rêve, mais plus qu’un rêve une histoire, de l’amitié, de la haine, du plaisir, de la jalousie… mais qu’importe, ce que Nicolas et Dakar ont fait… cette victoire, personne ne peut la leur voler…Pas plus que ce petit quelque chose qu’il y a encore et toujours entre eux... Par ces quelques mots je remercie tous ceux qui ont cru en ce team, ceux qui ont témoigné en leur faveur, ceux qui ont ouvert leur cœur et qui se sont accrochés à leurs idées, ceux qui se sont battus pour la vérité envers et contre tout ! J’ai toujours su que toute chose avait raison d’être et ces épreuves nous l’ont tout simplement prouvé…Tout au long de ce championnat et les mois qui y ont précédé, nous avons rencontré et réappris à connaître des gens bien, très bien… Ce fût une merveilleuse aventure humaine qui nous force à croire encore que la compétition peut rester saine si les gens le veulent… Nous avons été entourés par l’intérêt de nos amis avec leurs sms pour nous porter chance et la sympathie des membres de l’équipe.

 

Il faut le dire, cette année, nous avons eu une super équipe Suisse, composée de 8 teams et d’un chef d’équipe qui s’est démené pour que tout se déroule au mieux. Ce n’est ni facile de diriger une équipe si grande ni facile de vivre tous ensemble, avec le stress de la compétition. Malgré la tension, l’équipe était relativement soudée, d’où une bonne ambiance et donc une atmosphère agréable pour progresser tout au long de la semaine.

 

Jusqu’au mercredi, réunions d’équipe, révision du règlement, entraînements,… contrôle vétérinaire. Parlons-en de ce contrôle vétérinaire où notre équipe devait se présenter avec les chiens… Le vétérinaire avait disparu, nous n’étions pas fâchés mais un peu contrariés… et pourtant, cette absence nous a probablement sauvé la vie. Nous avons quitté la tente et 10 minutes plus tard celle-ci s’est arrachée aux forces d’un orage très violent et l’une des armatures a tué une participante slovène se trouvant sous celle-ci… Moment de deuil, tristesse,… et nous réalisons que nous avons frôlé notre départ… Les organisateurs et les chefs d’équipe se sont rassemblés pour savoir si la compétition continuerait ou pas. D’un commun accord, elle continue mais sans les festivités adjacentes.

 

Le tirage au sort fait, nous connaissons les heures et jours de passage pour Nicolas et Dakar. Jeudi, voilà nous entrons dans la compétition, par les obstacles… Une planche amovible, une balance, une échelle, un saut en longueur, un tunnel, un passage sur une surface désagréable, un détachement, un porté… c’est ça la piste. Si aux yeux de certains, ça paraît simple et ridicule… les résultats montrent le contraire !!! Le moindre geste, mot supplémentaire, mouvement du corps, tout ça est pénalisé. Le chien doit rester concentré, dynamique, sûr de lui, sans perdre l’œil de son maître pendant toute la durée de l’exercice… Dakar comme à son habitude, nous a montré un parcours exemplaire, pas une faute, tout était parfaitement réglé, en harmonie avec son maître. 2 petits points enlevés pour un passage un peu lent dans la surface désagréable lui amène un score de 48 sur 50. En haut de l’estrade, je laisse passer une première larme et un couple d’amis venu pour l’occasion a crié sa joie pour la performance de notre team !

 

Vendredi, nous montons à la quête sur les hauteurs de Trimmis. Nous découvrons une surface de forêt de montage, côté droit en montée, côté gauche en descente, 300 mètres, 20 min et 3 pseudo blessés. Notre poilu a fêté ses 8 ans et, parce que la tension monte, Nico se demande s’il est toujours capable d’arpenter en si peu de temps une telle surface… Je laisse partir mon team préféré à sa quête et ils disparaissent, se fondant dans la foule de spectateurs… Allongée sur un tronc, je maudis ces 20 minutes qui me paraissent être une éternité. 15 minutes passent et un sms, un message « il a les 3 ». C’est notre chef d’équipe qui m’annonce la bonne nouvelle. Je monte les rejoindre et j’écoute sans entendre les commentaires du juge parce que je ne comprends pas l’allemand, et pourtant quand il annonce les points je sais alors qu’ils ont fait une quête parfaite !!! Seulement 3 points leurs sont enlevés parce que Dakar s’est couché un peu lentement à la désignation du 2ème et 3ème piqueur. Ceci donne un total de 197 points sur 200. Nous restons bouche bée, nous ne réalisons pas vraiment. Tout comme moi, je vois notre chef d’équipe verser une grosse larme, et Nico cherchait à fuir cette foule d’admirateurs pour pouvoir laisser son émotion venir à ses yeux.

 

L’obéissance, une discipline tant adorée de ce team, devient en ce samedi après-midi un challenge à ne pas manquer. Les points affichés au tableau des résultats indiquent qu’ils auraient une place à prendre sur le podium… Serait-ce répéter encore et encore que c’est trop beau, mais que dire dans l’exécution de ce travail. Dakar se nourrissait des yeux de son ami conducteur, exécutant avec une précision légendaire chacun de ses pas pour faire de cette obéissance un moment de rêve. Un exercice manqué, le ramper… qui donne à notre team un total de 42 points sur 50. Avant de venir sur le terrain, Nico m’avait dit « 42 points, je signe d’avance ! ». A croire que c’était écrit quelque part… Sur les gradins, des participants étaient venus voir notre team, parce qu’ils avaient déjà apprécié ce magnifique travail les années précédentes. Ils ont tous applaudi, ils sont venus serrer la pince à Nico, ils nous ont donné beaucoup de satisfactions. Leurs compliments font partie intégrante de notre envie de continuer de faire de l’excellent travail et ce dans le respect de notre compagnon. J’aime à voir dans le regard des spectateurs cette même étincelle qui fait que jamais je ne me lasse de les regarder travailler. Au-delà de la langue et de nos différences culturelles, nous partageons toujours ces moments comme un don universel. Un regard, un sourire, un hochement, suffit à nous comprendre, à comprendre que leur obéissance c’est magnifique !

 

Cérémonie de remise des prix, Nicolas retire sa casquette et s’en va rejoindre avec son pote à quatre pattes la première place du podium pour son concours dans l’excellent avec 287 points. Et voilà que l’hymne national, pourtant tellement insignifiant le reste du temps, devient une force de la nature qui permet de libérer les larmes de joie de nos cœurs. Il pleure, je pleure, le chef d’équipe pleure, bref on pleure tous !!! Nous savourons cet instant tant rêvé, ce podium que nous croyions impalpable, nous savons que la vie nous a donné ce petit coup de pouce que d’autres teams ont eu… mais aujourd’hui c’est pour Nico & Dakar… Je dis haut et fort que c’est mérité, parce que tout au long de cette aventure, qui a commencé il y a 3 ans de cela, j’ai suivi ce team, et que, contre vent et marées, ils se sont accrochés à la seule idée de faire du bon, du très bon de l’excellent travail, dans le respect, pour rester les meilleurs amis du monde. Un clin d’œil au clicker qui leur a permis de re-construire des exercices et d’en apprendre de nouveaux !

 

Trois podiums, trois teams suisses en tête ! Que ce soit pour la surface, les décombres ou la piste, les Suisses ont brillé par leur réussite et ont également obtenu le titre de champion du monde par équipe.

 

Nicolas, Dakar, vous êtes doubles CHAMPIONS DU MONDE en individuel et par équipe !!! Je vous dis par ce texte, au-delà de ma présence, de mon aide, toute ma fierté de cette réussite. Réussite que l’on doit aussi à tous ceux qui nous ont aidés tout au long de la préparation à ce championnat ! Qu’ils reçoivent par ces quelques lignes également nos remerciements les plus sincères.

 

Vous êtes mes partenaires dans les loisirs comme dans la vie, ce n’est un secret pour personne, et chaque jour que nous partageons est un cadeau du ciel. Savourons ce merveilleux résultat comme la concrétisation de notre travail, notre confiance, notre passion… Je vous dis, à toi Nico, à toi Dakar, ce que le juge de surface vous a glissé lors de la remise des prix, parce que c’est tellement vrai…:

 

« You’re really the best ! »

 

 

 

 

Laurence ROBERT